sandra fillaudeau

Sandra Fillaudeau

Portrait de notre ambassadrice Profession'L

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Sandra Fillaudeau, j’ai 35 ans, une famille unie avec mon mari et nos deux petits. Je vis à Bordeaux et je suis « slasheuse » depuis quelques mois, c’est-à-dire que je cumule plusieurs activités professionnelles.

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

Je suis née en France, mais j’ai passé une grande partie de mon enfance aux Etats-Unis, et suis restée très imprégnée de la culture américaine. J’ai fait une école de commerce et ai commencé ma carrière en marketing à Lyon. Ma première expérience professionnelle a été riche, je me suis amusée, j’ai beaucoup appris, et j’ai pu travailler avec l’international, ce qui a toujours été mon moteur.

En revenant vivre à Bordeaux, j’ai très rapidement trouvé un poste dans l’industrie médicale. D’ailleurs, anecdote rigolote : l’annonce demandait 12 ans d’expérience (j’en avais 3…) et une expérience dans la même industrie (que je n’avais pas…). J’ai quand même postulé, poussée par mon mari, et ai été embauchée !

Au bout de 2 ans, j’ai eu mon premier enfant, et ai fait savoir que j’étais prête pour plus de responsabilités, je commençais à avoir fait le tour de mon poste. L’opportunité s’est présentée à mon retour de congé maternité puisque j’ai été promue manager de l’équipe dont je faisais partie. Les premiers mois ont été pleins de défis, mais j’étais si heureuse d’apprendre, d’avoir de nouvelles responsabilités.

Pourquoi t’es-tu reconvertie ?

La reconversion s’est imposée à moi, parce que ce que je vivais ne me convenait plus. Très souvent en déplacement long et loin, sollicitée pour des dîners pro toutes les semaines, tout le temps en réunion. Au-delà du rythme soutenu, j’avais surtout le sentiment d’être envahie par le travail et tiraillée entre ce qui était attendu de moi dans mon poste et ce que je voulais pouvoir offrir comme temps et présence à mon enfant. Sans parler de temps pour moi, mes passions, mes amis, qui était devenu la variable d’ajustement.

J’ai commencé par lancer un podcast, Les Équilibristes, pour parler des sujets qui me taraudaient : comment on fait, concrètement, pour choisir tout ? Pour conjuguer ses ambitions professionnelles et personnelles ?

Je me suis ensuite lancée à mon compte pour accompagner les entreprises sur les questions d’expérience collaborateur (et sur le marketing, qui reste mon métier de base que j’adore !).

Quels ont été tes déclics ?

J’ai eu un déclic majeur : j’ai participé à une des premières sessions de Fais le Bilan proposé par Switch Collective (un programme formidable que je recommande), et j’ai réalisé que j’avais le droit d’attendre autre chose de ma vie professionnelle. J’avais cette idée ancrée que travailler devait forcément être un peu pénible, qu’il ne fallait pas que je sois trop exigeante sur la qualité de l’expérience, et que de toute façon, quand on est ambitieuse (ce que je revendique, c’est beau l’ambition !), il faut bien accepter que ce soit (très) difficile.

Suite à ce déclic-là, ça a été un cheminement, une progression pour déconstruire toutes les idées figées que j’avais en tête : on ne peut pas bien vivre en étant à son compte, quand on ne travaille pas jusqu’à l’épuisement c’est qu’on n’a pas fait assez d’efforts, la réussite se mesure à l’intitulé du poste et au salaire, etc… Je grossis le trait, mais j’avais des versions de ces idées-là en tête. Je m’en suis défaite une à une ces dernières années – quelle liberté de pouvoir réintégrer la notion de plaisir dans le travail !

__

« Quelle liberté de pouvoir réintégrer la notion de plaisir dans le travail« 
__

Aujourd’hui, comment est rythmée ta vie professionnelle ?

Grâce au podcast et à tout ce que j’ai entrepris, j’ai rencontré des personnes formidables (les fameuses bonnes personnes qui se mettent sur notre route quand on emprunte celle qui est la bonne pour soi !) et j’ai accepté un poste de Directrice Marketing à temps partiel – je travaille une partie de la semaine pour une entreprise dont la mission m’enthousiasme et avec une équipe aux valeurs fortes et incarnées. Le reste de la semaine, je m’occupe des Équilibristes : choix des invité.es, préparation des interviews, montages, animation des réseaux sociaux et de ma newsletter hebdomadaire Numéros d’Equilibristes. Je m’occupe aussi des projets liés aux Équilibristes : workshops, podcasts pour des réseaux d’entreprise en faveur de la diversité, conférences…

Une vie de « slasheuse » riche et dont les différentes facettes se nourrissent les unes les autres !

Un conseil à donner aux femmes en reconversion ?

Ce qui m’a beaucoup aidée dans mon chemin de reconversion (ou d’ouverture, parce que dans mon cas, j’ai gardé un peu mon métier d’origine), ça a été de faire un travail d’identification de mes moteurs fondamentaux, et de voir dans quelle mesure ma vie professionnelle y répondait. Posez-vous la question : de quoi ai-je absolument besoin pour être bien ? Qu’est-ce qui est non-négociable pour moi ? Et ensuite, donnez-vous l’autorisation d’en faire un incontournable.

Une citation préférée ?

« You have to dance with the fear » – c’est Seth Godin qui dit ça. Je pense souvent à cette formule parce que le fond du sujet c’est ça : il ne faut pas attendre de ne plus avoir peur pour oser se lancer, mais au contraire trouver des manières de la dompter, danser avec, pour en faire un moteur.

__

Retrouvez Les équilibristes :

www.lesequilibristes.com/podcast

© Webdesign et développement par Morgane Pichard