Portrait d'une reconversion réussie

Anne-Sophie VIVES, Présidente de l’association L’BURN et fondatrice de la communauté des BURN’ettes

Je suis Anne-Sophie VIVES, j’ai 36 ans.

Après 7 années d’étude universitaire pour devenir notaire et 10 ans d’expérience dans la profession, ma vie a basculé il y a deux ans.

Ultra investie dans mon travail tout en essayant de concilier ma prétendue réussite professionnelle avec ma vie de mère attentionnée, d’épouse aimante et de femme libérée…sans m’apercevoir que cette quête de perfection absurde se heurtait à mes propres limites physiques !

Le résultat ne s’est pas fait attendre : BURN OUT. De superwoman je suis devenue « superlooseuse », immobilisée sur mon canapé pendant un an.

Rebondir après un burn out...

Comment rebondir quand vous avez perdu la mémoire, l’estime de soi, votre identité, quand votre corps ne répond plus, … et que juste l’idée de revenir dans votre ancien travail vous génère de violentes crises d’angoisse ?

Un burn out, si abrupt qu’il puisse paraître, n’arrive pas par hasard. Votre corps vous exprime parfois ce que vous endurez et refoulez depuis des années par force de volonté et de détermination.

Pour ma part, je travaillais depuis des années dans une profession qui ne correspondait plus à mes valeurs ni à mes envies… Le décalage entre ce que je voulais être et ce que j’étais devenue était devenu trop important. L’angoisse de la perte d’une situation stable et financièrement confortable vous fait parfois vous oublier.

Après une longue année de reconstruction psychique et physique dans la honte et la solitude la plus profonde, puis un retour épisodique, mais salvateur, dans une autre étude notariale pour pouvoir reprendre confiance en moi et « sortir la tête haute », j’ai pris ma décision : me reconvertir !

Faire le grand saut !

Mais lorsque vous êtes spécialisée en baux emphytéotiques, en immobilier complexe, en volumétrie…dans quoi se recycler ?

Ma période de convalescence a été particulièrement compliquée.

Je me suis rendue compte à quel point le burn out était méconnu, même par le corps médical (le burn out n’est pas reconnu en tant que maladie en France)

A quel point il n’existait aucune structure d’accueil pour les victimes de burn out à l’exception d’une prise en charge psychiatrique souvent très mal vécue.

A quel point vous êtes seule et vulnérable pendant cette période.

Et pourtant lorsque j’ai fini par assumer ce qu’il m’était arrivé et que j’ai commencé à en parler autour de moi, je me suis rendue à l’évidence que j’étais loin d’être la seule dans cette situation.

Beaucoup de femmes avaient vécu, comme moi, cette injonction de performer dans tous les domaines, cette double journée qui consiste à enchaîner le soir votre travail de chargée de famille…Tout cela parfois en subissant un management du chiffre et du dépassement de soi, un management par le stress ou un harcèlement…

J'ai créé le collectif "Burn'ettes"

3 millions de personnes seraient victimes de burn out dont 2 voire 3 fois plus de femmes.

Face à cette prise de conscience, j’ai décidé de me consacrer à cette cause.

Mais comment m’y prendre ? Je n’avais aucune expérience d’entrepreneuriat, aucune expérience dans le domaine et un sérieux manque de confiance en mes capacités.

Ma plus grande aide aujourd’hui c’est d’avoir bénéficié de l’accompagnement d’un incubateur : les Audacieuses. J’ai pu y découvrir une communauté d’entrepreneures en herbe exceptionnelles, j’ai acquis des connaissances, des méthodes, un réseau…

Aujourd’hui, j’ai créé un collectif de « BURN’ettes » et j’ai monté l’association L’BURN pour venir en aide aux femmes victimes de burn out.

L’association propose des groupes de parole, des ateliers mais aussi un accompagnement personnalisé pour aider à coordonner la prise en charge médicale, paramédicale, administrative ou juridique en vue d’une réinsertion sociale et professionnelle.

Nous travaillons actuellement avec mon équipe pour élargir notre action à la prévention en entreprise.

J’ai donc aujourd’hui complètement changé de vie. Je gère une équipe de bénévoles, je m’organise comme je le souhaite, je vois mes enfants bien plus souvent…même si je travaille énormément. Chaque jour est une nouvelle aventure qui me fait vibrer. Et surtout je me sens enfin utile et à ma place.

Mon burn out a été avec le recul la meilleure chance qu’il puisse m’arriver. Il m’a contraint à un nouvel équilibre de vie, à apprendre à me connaître et à me donner la force et l’audace d’entreprendre !

C’est ce message que je souhaite véhiculer.

© Webdesign et développement par Morgane Pichard

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