La maison botanique : bien plus qu’une chambre d’hôtes nous raconte Rachel Duigou !

Qui suis-je en quelques mots

Rachel DUIGOU, 52 ans. Je suis curieuse de beaucoup de choses mais totalement passionnée par le monde végétal tout azimut depuis quelques années. Je suis profondément sensible à l’environnement et j’essaie de faire des choix personnels et professionnels en cohérence avec mes valeurs. Je vise aujourd’hui la sobriété heureuse. J’aime le beau et l’harmonieux. La nature est mon maître dans ce domaine.

Mon parcours en quelques mots

Je suis enseignante en économie de formation. Après un début de carrière à l’étranger (3 ans au Portugal, 2 ans en Italie), je suis rentrée en France et j’ai travaillé pendant 3 ans à Paris. J’ai déménagé en 2003 à Bordeaux, l’occasion professionnelle était intéressante (un poste pour l’agence Erasmus) et je ne voyais plus les saisons passer à Paris! J’y ai exercé différents postes en 15 ans jusqu’à créer un service d’étude et de communication publique chargé de mesurer et de communiquer sur les impacts d’Erasmus. J’avais 10 personnes dans mon service. J’ai passé ces 15 années à voyager en Europe, à innover dans les pratiques professionnelles. C’était très intense ! Trop peut-être…

 

Après un burn out, j’ai réfléchi à ce que je voulais faire

J’avais la sensation de stationner, d’avoir donné ce que j’avais à donner et en même temps, l’envie de trouver l’énergie pour mener d’autres projets, plus créatifs, plus engageants, ce qui n’était plus possible dans ma structure. Il fallait que je fasse de la place d’une manière ou d’une autre à des centres d’intérêts nouveaux. Puis, des coïncidences de la vie ont bousculé mes choix :  changement de management et d’orientation au niveau professionnel, décès de mes parents au niveau personnel ; le tout sur un temps court de 2 ans. J’ai fait un burn out qui m’a forcé à réfléchir à ce que je voulais vraiment faire. J’avais la chance d’avoir un capital financier et j’ai retrouvé l’envie de travailler pour moi, sans pression de réussite ni d’emprunt à rembourser. Petit à petit, le projet s’est construit ….

Le choix de mon accompagnement

Mon premier soutien a été celui du psychiatre qui m’a accompagnée pendant mon arrêt-maladie. C’est en échangeant avec lui que j’ai réalisé que je pouvais me former pendant mon arrêt de travail, que j’ai compris que je devais me reconvertir à 100% pour retrouver la santé. Il a été d’un soutien indispensable de part son objectivité.

 

Puis j’ai suivi la démarche Activ’Créa proposée par Pôle Emploi qui m’a permis de me tester par rapport à mon projet. C’est ensuite la CCI qui m’a accompagnée jusqu’à la création de mon entreprise et pendant les 3 premières années. 

J’ai eu un vrai déclic dans un champ de fleurs (...) dans les Alpes !

 

Je dirai que des pièces d’un puzzle qui se sont imbriquées les unes aux autres avec le temps. J’ai élaboré un projet de reconversion alors que j’étais encore salariée à l’occasion d’une formation de management. Le formateur m’avait d’ailleurs dit à l’époque qu’il était certain que j’allais réaliser ce projet qui n’était alors qu’un support factice de formation ; j’avais présenté un projet de maison d’hôtes et d’activités œnologiques. Puis tout en travaillant, j’ai commencé à m’intéresser aux plantes médicinales à l’occasion de stages d’initiation pendant les vacances. J’ai eu un vrai déclic dans un champ de fleurs de tussilage (plante médicinale !) dans les Alpes. 

 

Pendant mon arrêt maladie, puisque j’avais du temps et que ma nature m’empêche de rester sans rien faire, j’ai débuté une formation de 3 ans en herboristerie à l’école lyonnaise des plantes médicinales pour obtenir le titre d’herbaliste (« Herbalist » est la traduction anglaise d’herboriste ; en effet, en France le titre d’herboriste est encore réservé aux pharmaciens). Puis quand la décision de me reconvertir complètement était mûre, j’ai également préparé un CAP de fleuriste pour le côté artistique et la garantie d’avoir un emploi si mon projet de reconversion échouait. 

 

Mon premier projet de reconversion était l’idée d’un concept store végétal à Bordeaux, mi-fleuriste mi-herboriste. Ce premier projet s’est vite concrétisé par des propositions de reprises de locaux, mais des difficultés lors des négociations m’ont fait dire intuitivement que je n’étais pas sur la bonne voie… C’est aussi à ce moment-là qu’une de mes connaissances m’a proposé de garder sa maison à la campagne et j’ai eu l’occasion de découvrir le métier d’hôte (une des chambres était en location). Je me suis sentie bien dans cette grande maison “au vert” et j’ai réalisé que l’activité d’hôte pouvait compléter mes projets autour de l’herboristerie et l’art floral. Après 2 mois et demi à la campagne pour valider ce changement de mode de vie, je suis revenue à Bordeaux et j’ai vendu mon appartement! J’ai pu alors acheter une belle maison qui correspondait à mon projet : allier l’hébergement, la transmission du savoir sur les plantes médicinales (toujours le côté formation..) et l’art floral !



J’ai créé une micro-entreprise multi activités et éco responsable : la maison botanique

 

Après 6 mois de travaux pour aménager la maison, j’ai créé une micro-entreprise multi activités et éco responsable : la maison botanique, une maison d’hôtes avec 3 chambres, un atelier d’art floral naturel et des prestations de formation et d’initiation aux plantes médicinales ; le tout à Castillon la Bataille. 

 

L’activité de maison d’hôtes a débuté au premier août avec succès via Booking et AirBnb. L’art floral débute en décembre 2021 à l’occasion d’un marché de Noël. Je travaille uniquement à partir de ce que je trouve dans la nature. Je fais sécher des plantes dans mon atelier. Je vais lancer les animations sur les plantes médicinales au printemps 2022. Cet automne et hiver je fais beaucoup de communication, je me fais connaître, je crée mon site internet : lamaisonbotanique.com  Mon projet a reçu un très bon accueil local et je m’intègre dans la vie économique locale avec joie. 




“Quelle année 2021 ! Une année de renouveau”

Je suis fatiguée mais heureuse. Quelle année 2021 ! Une année de renouveau : travaux d’aménagement, création d’entreprise… Tous les matins en me levant j’ai une belle journée devant moi. Que je fasse de l’accueil d’hôtes, de la phytothérapie ou de l’art floral, tout me correspond et je le fais à fond et avec joie. Je n’ai pas encore de vision de rentabilité économique véritable mais la première année est une année ou on investit beaucoup. Et puis si je dois changer mes plans, j’ai toujours des plans b, c etc.




L’ingrédient indispensable pour une reconversion réussie

Se faire accompagner par des professionnels et ne pas brûler les étapes. Il faut utiliser les nombreuses solutions d’accompagnement pour tester son idée et sa capacité à se reconvertir. Se laisser du temps pour respirer et faire émerger les idées.

Mon mantra ?

« Impermanence et interdépendance »

 

Ce sont des notions que j’ai connues en m’intéressant au bouddhisme et qui m’aident à évoluer personnellement et professionnellement. Ces 2 notions sont particulièrement actuelles 

 

A propos de l’impermanence :

Tout ce qui a été réuni se sépare.
Tout ce qui naît, meurt.
Tout ce qui a été construit, s’écroule.

Tout ce qui est composé se décompose.

 

A propos de l’interdépendance :

Tous les éléments de la nature sont en interactions et dépendent les uns des autres pour exister.

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