diane delesalle

Diane Delesalle

Créatrice de la marque Bellemme

Je m’appelle Diane Delesalle, j’ai 43 ans.

A priori, rien de ne me destinait à créer ma propre marque et pourtant la vie nous surprend parfois…

Après une Maîtrise en sciences de gestion à l’IAE de Lille suivie d’un DESS en Commerce International, j’ai travaillé pendant 4 ans en centrale d’achats, aux 3 Suisses (de 2000 à 2004). D’abord en tant que Gestionnaire achats en chaussures et accessoires puis en tant qu’acheteur/chef de produits Junior en prêt-à-porter sur un petit catalogue spécialisé en grandes tailles.

J’appréciais particulièrement dans ce poste les contacts avec les fournisseurs européens et asiatiques et les déplacements réguliers en Europe que cela impliquait. J’ai toujours été attirée par l’étranger.

Parallèlement, aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours imaginée fonder une famille nombreuse. Selon moi, allier ambitions professionnelles et famille nombreuse était tout à fait envisageable.

Oui mais seulement, à l’arrivée de mon deuxième enfant et suite à un événement familial, mes attentes ont évolué.

En 2004, ma fille, Laurette, arrive et je prends un congé parental de 6 mois et finalement je ne reprends jamais mon activité professionnelle. Contre toute attente, Je m’épanouis pleinement à m’occuper de mes enfants.

Je découvre beaucoup de choses auprès d’eux, je fais de super rencontres et socialement je suis comblée.

Je trouve un véritable équilibre personnel dans cette vie de mère au foyer, moi qui avait toujours connu ma mère travailler et avoir peu de temps à nous consacrer.

En 2017, me voilà maman de 5 enfants, et ma dernière, Myrtille, rentre à l’école. Il est temps pour moi de reprendre une activité.

Pour être tout à fait franche, ma motivation est plus financière que professionnelle. Oui, mais à quoi peut-on prétendre après 14 ans d’inactivité ?

J’étais consciente que j’avais mis mes ambitions de côté en faisant le choix d’élever mes enfants.

J’ai eu quelques opportunités de job à ce moment-là. Je me suis rapidement rendue compte que reprendre une activité en entreprise avec les contraintes horaires que cela engendrerait et les frais que cela impliquerait en termes de cantine et garde d’enfant, ne se justifiait pas étant donné le faible salaire auquel je pouvais prétendre.

J’ai toujours été attirée par les activités manuelles et j’ai profité de ma période de congé parental pour découvrir la couture. L’été 2017, je m’étais confectionné des bandeaux à nouer dans des tissus indiens que mon frère m’avait expédié de Jaipur où il voyage régulièrement car il travaille, lui aussi, dans le textile.

Je n’ai pas quitté ces bandeaux de tout l’été lors de mes vacances à l’île d’Yeu. On me complimentait souvent sur ces bandeaux, j’en ai confectionné pour mes amies… et c’est ainsi

que l’idée a fait son chemin : pourquoi ne pas les vendre sur le marché de l’île d’Yeu l’été prochain ?

Me voilà partie en octobre 2017 en Inde, accompagnée de ma belle-soeur qui connaît le pays depuis 20 ans. Des conditions a priori optimales pour démarrer une activité puisqu’elle me présente ses fournisseurs.

L’inde, Quelle découverte ! Les couleurs, les odeurs, l’effervescence qui m’entoure.

Quelle chance de pouvoir être là !

Mais c’est également une période très éprouvante pendant laquelle je me remets beaucoup en question. Je m’interroge sur l’intérêt de ce voyage à l’autre bout du monde. Quels produits faut-il acheter ? Quelles quantités ? d’autant plus que je ne suis absolument pas certaine d’obtenir un emplacement sur le marché pour vendre mes produits l’été suivant.

Quoi qu’il en soit, durant ce voyage, je sélectionne mes imprimés, je fais échantillonner quelques modèles de robes, d’accessoires et bien entendu mes bandeaux ! ma volonté est de créer une collection estivale dans un style bohème chic avec des prix abordables. Cela me rappelle quelques lointains souvenirs lorsque j’achetais pour les 3 Suisses, à la différence que je travaille aujourd’hui en direct avec les fournisseurs et non pas par l’intermédiaire d’un agent. Et quelle différence !

Effectivement, il m’a fallu être patiente, volontaire et persévérante pour ne pas tout arrêter.

Appréhender la différence culturelle, se faire une place chez les fournisseurs quand on est tout petit et que l’on a de faibles quantités et souvent l’envie de baisser les bras et avoir la sensation parfois que l’on n’y arrivera pas.

C’était sans compter sur le soutien inconditionnel de mon mari et de mes proches. C’est aussi en grande partie grâce à eux que Bëllemme a vu le jour.

Je commence à réceptionner mes premières commandes en Avril 2018 avec un mélange d’appréhension et d’excitation. Mes amis m’incitent à organiser une première vente chez moi. Le succès dépasse largement mes attentes et je réalise que j’ai sous-estimé mes quantités pour assurer une saison entière à l’Ile d’Yeu.

Parallèlement, je crée mon compte Instagram (@bellemmecollection) et essaie de participer à un maximum de ventes et d’évènements sur la métropole lilloise et dans d’autres régions. L’objectif étant de développer le réseau et de faire connaître Bëllemme.

Juillet, je démarre le marché, et mon stand reçoit un super accueil.

Très rapidement je croise plein de petits bandeaux sur l’ile, des grands-mères, des mamans, des ados et même des petites filles! Quelle satisfaction… et l’envie de poursuivre les efforts et de développer Bëllemme se fait ressentir.

Second voyage en Inde en Octobre 2018. Je développe l’offre de prêt-à-porter, et je consolide un peu mes relations fournisseurs. Je sais un peu mieux où je vais. L’objectif est maintenant le lancement du site internet car via Instagram je reçois beaucoup de demandes. Un investissement supplémentaire mais indispensable ! De nouvelles questions se posent alors

car il faut maintenant trouver le bon prestataire, et savoir bien s’entourer n’est pas toujours facile. Je passe de nombreuses soirées et week-ends à travailler sur ce site qui voit le jour en avril 2019 (www.bellemme.com). Les débuts sont très prometteurs, première commande deux minutes après l’annonce de la mise en ligne… c’est de bon augure !

Je reprends les ventes à domicile dans le nord et Parallèlement, je recrute une étudiante pour vendre sur le marché de Dinard durant les deux mois d’été 2019. Encore un nouveau défi pour moi ! Je n’avais jamais recruté ni managé quelqu’un auparavant. Comment fait-on pour établir un contrat de travail ? une fiche de paye ? Charlotte vient donc rejoindre l’aventure Bëllemme!

Voilà… Bilan de nouveau très positif pour la seconde saison.

Et à l’aube de la troisième, je me surprends à me poser des questions que je n’aurais jamais imaginé me poser un jour : faut-il faire évoluer le statut juridique de Bëllemme ? Est-ce que je suis prête à revendre mes produits aux boutiques qui me sollicitent régulièrement ?

Quel chemin parcouru depuis deux ans ! si on m’avait dit il y a quelques années que je réaliserais tout cela, j’aurais été la première à ne pas le croire ! la vie nous surprend parfois. Malgré les doutes qui ne me quittent pas, j’essaie de savourer chaque petite victoire et je me dis que ça valait le coup d’oser… et après tout, oser c’est déjà réussir !

www.bellemme.com

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