Infographie | Les femmes et la formation professionnelle

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Infographie

Les femmes et la formation professionnelle

Les femmes d’hier, d’aujourd’hui et de demain : vers un accès à la formation professionnelle plus égalitaire.

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Infographie réalisée par Topformation.fr et Profession’L

© Webdesign et développement par Morgane Pichard

Portrait d’une reconversion réussie : Karine

Karine BERARD CHAVIER
Karine BERARD CHAVIER

Portrait d'une reconversion réussie

Karine, en formation CAP MAROQUINERIE

Après 2 ans d’études à la FAC de Bordeaux (LEA ANGLAIS ALLEMAND), j’ai bifurqué vers un BTS Commerce International à l’AFPA de Pessac

J’ai travaillé en tout 10 années dans le milieu bancaire. La première année au service international à la BPSO comme rédactrice de crédits documentaires puis comme conseiller auprès des particuliers pendant 5 ans, puis 2 ans comme conseiller aux particuliers au CIC sur Libourne et enfin comme conseiller auprès des particuliers avec un portefeuille sénior à la Banque San Paolo (désormais Banque Palatine)  du Chesnay dans le 78.

J’ai voulu quitté ce monde de la banque car ça ne correspondait pas à mon éthique!

Pour ce faire j’ai accepté un poste moins bien payé mais qui m’a rapproché de ma région comme Assistante Commerciale export à Gensac pour une société qui commercialisait des produits à base d’extrait salivaire de sangsues (BIORICA).

Mais au bout de deux années, la société a déposé le bilan et j’ai trouvé du travail comme Technico Commerciale chez KOMET, société allemande qui fabrique et commercialise des fraises en diamant et en carbure de tungstène pour les dentistes, prothésistes dentaires et podologues

J’ai travaillé 10 ans chez eux au départ sur 3 puis sur 6 départements de la région.

J’ai pris un congé parental de 6 mois pour mon premier enfant et j’ai réussi à gérer mes déplacements et nuitées à l’hôtel avec ma première fille mais quand j’ai eu ma seconde fille, j’ai pris un congé parental de 2 ans, et ils m’ont licenciés à la fin de mon congé parental en me proposant une affectation dans le 93, puis sur Paris que j’ai refusé!

"Après plusieurs difficultés personnelles, il fallait rebondir"

Pendant mon congé parental j’avais réfléchis au problème de gérer mes enfants et mon secteur qui était passé de 4 à 6 départements avant ma grossesse avec des objectifs toujours plus élevés, et je ne voulais pas sacrifier mes enfants. Donc le fait qu’ils aient volontairement lissé mon secteur avec d’autres sur la région pour agrandir les territoires et diminuer les commerciaux, et qu’ils m’aient proposé que des postes sur Paris,( sachant pertinemment que je n’allais pas les accepter), m’a obligé et permis de reconsidérer ma carrière professionnelle et de réfléchir concrètement à une réorientation!

Il se trouve qu’en même temps que j’ai appris mon licenciement, mon mari a demandé le divorce.. Malgré toutes ces difficultés il fallait rebondir, et quand ma seconde est rentrée en  2017 en toute petite section j’ai commencé à travailler bénévolement tous les matins pendant les heures d’école chez ma tante ( atteinte de DMLA) qui a un petit atelier de maroquinerie dans mon village de Gensac.

J'ai commencé ma formation au GRETA

Elle me racontait qu’elle avait décidé de prendre sa retraite et qu’elle avait une proposition de rachat mais que la personne voulait tout délocaliser en Charente et de ce fait, les 4 salariées ne pourraient pas suivre…..

La réflexion est venue de reprendre son atelier mais pour se faire il me fallait les bases. Je me suis donc inscrite via Pôle Emploi à une formation du Greta pour passer un CAP MAROQUINERIE

L’atelier de ma tante fabrique surtout des sacs de premiers secours pour les pompiers et ils sont en bâche mais le travail du cuir est important à connaître puisque les ouvrières de l’atelier sont issues de cette formation (à l’origine ma tante travaillait bien des articles de maroquinerie en cuir puis le marché a fait « évoluer » la gamme) et il me faut connaître les bases et le même langage que les ouvrières!

Donc depuis novembre 2018 je suis du lundi au jeudi matin au lycée de Thiviers en formation, le jeudi ap et le vendredi je travaille toujours bénévolement chez ma tante pour l’aider à l’administratif, et un jeudi soir et un week end sur deux je m’occupe pleinement de mes enfants, qui sont gérés sinon la semaine entre le papa et ma maman…..

L’idée est donc qu’en septembre prochain, et après avoir validé le CAP fin juin, d’être salariée pendant les 2 ans que ma tante s’est donnée pour la passation avant de me laisser les rênes de son petit atelier.

© Webdesign et développement par Morgane Pichard

Portrait d’une reconversion réussie

Portrait d'une reconversion réussie

Anne-Sophie VIVES, Présidente de l’association L’BURN et fondatrice de la communauté des BURN’ettes

Je suis Anne-Sophie VIVES, j’ai 36 ans.

Après 7 années d’étude universitaire pour devenir notaire et 10 ans d’expérience dans la profession, ma vie a basculé il y a deux ans.

Ultra investie dans mon travail tout en essayant de concilier ma prétendue réussite professionnelle avec ma vie de mère attentionnée, d’épouse aimante et de femme libérée…sans m’apercevoir que cette quête de perfection absurde se heurtait à mes propres limites physiques !

Le résultat ne s’est pas fait attendre : BURN OUT. De superwoman je suis devenue « superlooseuse », immobilisée sur mon canapé pendant un an.

Rebondir après un burn out...

Comment rebondir quand vous avez perdu la mémoire, l’estime de soi, votre identité, quand votre corps ne répond plus, … et que juste l’idée de revenir dans votre ancien travail vous génère de violentes crises d’angoisse ?

Un burn out, si abrupt qu’il puisse paraître, n’arrive pas par hasard. Votre corps vous exprime parfois ce que vous endurez et refoulez depuis des années par force de volonté et de détermination.

Pour ma part, je travaillais depuis des années dans une profession qui ne correspondait plus à mes valeurs ni à mes envies… Le décalage entre ce que je voulais être et ce que j’étais devenue était devenu trop important. L’angoisse de la perte d’une situation stable et financièrement confortable vous fait parfois vous oublier.

Après une longue année de reconstruction psychique et physique dans la honte et la solitude la plus profonde, puis un retour épisodique, mais salvateur, dans une autre étude notariale pour pouvoir reprendre confiance en moi et « sortir la tête haute », j’ai pris ma décision : me reconvertir !

Faire le grand saut !

Mais lorsque vous êtes spécialisée en baux emphytéotiques, en immobilier complexe, en volumétrie…dans quoi se recycler ?

Ma période de convalescence a été particulièrement compliquée.

Je me suis rendue compte à quel point le burn out était méconnu, même par le corps médical (le burn out n’est pas reconnu en tant que maladie en France)

A quel point il n’existait aucune structure d’accueil pour les victimes de burn out à l’exception d’une prise en charge psychiatrique souvent très mal vécue.

A quel point vous êtes seule et vulnérable pendant cette période.

Et pourtant lorsque j’ai fini par assumer ce qu’il m’était arrivé et que j’ai commencé à en parler autour de moi, je me suis rendue à l’évidence que j’étais loin d’être la seule dans cette situation.

Beaucoup de femmes avaient vécu, comme moi, cette injonction de performer dans tous les domaines, cette double journée qui consiste à enchaîner le soir votre travail de chargée de famille…Tout cela parfois en subissant un management du chiffre et du dépassement de soi, un management par le stress ou un harcèlement…

J'ai créé le collectif "Burn'ettes"

3 millions de personnes seraient victimes de burn out dont 2 voire 3 fois plus de femmes.

Face à cette prise de conscience, j’ai décidé de me consacrer à cette cause.

Mais comment m’y prendre ? Je n’avais aucune expérience d’entrepreneuriat, aucune expérience dans le domaine et un sérieux manque de confiance en mes capacités.

Ma plus grande aide aujourd’hui c’est d’avoir bénéficié de l’accompagnement d’un incubateur : les Audacieuses. J’ai pu y découvrir une communauté d’entrepreneures en herbe exceptionnelles, j’ai acquis des connaissances, des méthodes, un réseau…

Aujourd’hui, j’ai créé un collectif de « BURN’ettes » et j’ai monté l’association L’BURN pour venir en aide aux femmes victimes de burn out.

L’association propose des groupes de parole, des ateliers mais aussi un accompagnement personnalisé pour aider à coordonner la prise en charge médicale, paramédicale, administrative ou juridique en vue d’une réinsertion sociale et professionnelle.

Nous travaillons actuellement avec mon équipe pour élargir notre action à la prévention en entreprise.

J’ai donc aujourd’hui complètement changé de vie. Je gère une équipe de bénévoles, je m’organise comme je le souhaite, je vois mes enfants bien plus souvent…même si je travaille énormément. Chaque jour est une nouvelle aventure qui me fait vibrer. Et surtout je me sens enfin utile et à ma place.

Mon burn out a été avec le recul la meilleure chance qu’il puisse m’arriver. Il m’a contraint à un nouvel équilibre de vie, à apprendre à me connaître et à me donner la force et l’audace d’entreprendre !

C’est ce message que je souhaite véhiculer.

© Webdesign et développement par Morgane Pichard